Cégep de Saint-Laurent

ZonePhilosophie

Vous êtes ici: Accueil » Études » Philosophie » À propos » Une lecture de haut niveau

Une lecture de haut niveau

Il ne faudrait pas se surprendre que la lecture des textes philosophiques soit difficile. En fait, comme ces textes font un appel soutenu à des notions abstraites, cette écriture se retrouve à un des niveaux les plus poussés de l’écriture. Regardons sommairement la gradation des difficultés de la lecture :

A. Lecture des noms de rue, des noms de station de métro, etc. De nos jours, ce niveau correspond pratiquement à de l’analphabétisme.

B. Lecture de très courts textes accompagnant des photos, de phrases simples, du mode d’emploi d’un médicament comme l’aspirine.

C. Lecture de textes « procéduraux », c’est-à-dire qui exposent une série d’étapes à suivre afin d’arriver à un résultat, par exemple comment installer un programme sur son ordinateur, comment lancer une entreprise, comment changer l’alternateur de sa voiture…

D. Lecture de textes descriptifs: récit, reportage, roman, état de la situation, analyse factuelle. Il s’agit toujours ici de l’idée de description d’un objet concret, individuel, description qui peut être plus ou moins poussée et complexe, par exemple des romans comme Le vieil homme et la mer de Hemingway, Madame Bovary de Flaubert ou un rapport sur la pauvreté dans un quartier d’une ville ou, encore, l’analyse du vêtement d’une victime de crime. Parfois, cette description pourrait aller jusqu’aux états d’âme d’une personne ou d’un personnage, le cas limite étant la description du film intérieur de la conscience que l’on retrouve dans la littérature de Marcel Proust. Et justement, ils sont nombreux, les littéraires qui qualifient cette littérature de « littérature philosophique ».  À ce point, nous touchons le seuil de l’intangible et celui de l’expérience universelle: nous sommes loin de la description d’objets concrets. Et cela nous amène à un autre niveau.

E. Lecture de textes argumentatifs. Ces textes présentent et articulent des propositions en vue de faire accepter leur prise de position sur une question donnée (souvent controversée).  Ici, il y a deux caractéristiques qui reviennent sans cesse, soit l’usage constant des notions abstraites et l’idée de construction.  Par exemple, un texte philosophique – puisque celui-ci appartient à cette catégorie – articule un réseau de relations entre des idées (nous devrions dire « propositions» ) qui, elles, mettent en relation des notions générales, pour ne pas dire abstraites, dans le but d’arriver à une conclusion.  Et, malheureusement, cette démarche ne peut pas s’illustrer dans une image.  Tout le monde peut être tenté de faire l’économie de la lecture du Vieil homme et la mer ou de Madame Bovary en regardant les versions cinématographiques qui en ont été réalisées; mais en philosophie, cette option n’est même pas possible, car personne n’a encore réalisé de film à partir du fond des oeuvres de Platon, de Descartes ou de Russell.  Cette idée n’a même pas de sens pour un esprit sérieux.  Les textes de ce niveau, ce sont les thèses philosophiques, les essais littéraires, les théories scientifiques, les plaidoyers juridiques, les discours politiques…  Et pour les fréquenter, il faut les aborder avec l’attitude qui convient, sinon on risque de ne pas comprendre leur sens réel.

Cégep de Saint-Laurent

625, avenue Sainte-Croix, Montréal (Québec) H4L 3X7
514.747.6521 - info@cegep-st-laurent.qc.ca

Nous joindre | Emplois | Médias | Conditions d'utilisation | Crédits

Le cégep de Saint-Laurent est un établissement public d’enseignement collégial qui offre de la formation préuniversitaire et technique aux étudiants détenant un diplôme d’études secondaires (DES).  Il offre aussi des services de formation continue aux adultes, aux entreprises et aux municipalités.

Connexion

Pour accéder au contenu réservé aux étudiants et au personnel du Cégep, veuillez d'abord vous connecter avec votre nom d'utilisateur et votre mot de passe du cégep (même que les postes de travail). Problèmes de connexion?

  
twitter