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Le défi écologique et le sort des générations futures

La compétence principale de ce cours complémentaire est d’expliquer la nature générale et quelques-uns des enjeux actuels de la science et de la technologie.

Dans le cadre du cours proposé, la compétence générale vise à permettre à l’étudiant de :

  • Prendre conscience que les progrès actuels des sciences et des technologies posent un certain nombre de problèmes au plan éthique de même qu’aux plans politique et juridique.
  • Comprendre que la transformation de la nature et l’exploitation intensive des ressources naturelles, couplées au développement technologique et à la production industrielle, redéfinissent notre rapport au monde et à la nature en général, nous mettant ainsi face à des responsabilités nouvelles envers les êtres non humains de même qu’envers les générations futures.
  • Réfléchir, au moyen de la lecture d’œuvres majeures en philosophie de l’environnement, aux solutions qui permettraient d’éviter les périls que nous fait courir un développement scientifique et technique débridé, tout en conciliant nos préoccupations avec les exigences du développement.
  • Étudier les principes éthiques à partir desquels nous pourrions faire des choix éclairés pour l’avenir.

Contexte de réalisation de la compétence

L’étudiant sera amené à faire un travail comportant au minimum 750 mots au sujet d’un problème lié au développement scientifique ou technologique, en analysant ses conséquences sur l’environnement et en présentant l’esquisse d’une solution au problème en se référant à des théories écologiques ou environnementales.

Élément de compétence 1

Caractériser le mode de pensée et la démarche scientifique type. (Dans le cas du cours proposé, nous tenterons de caractériser la démarche scientifique propre à la Modernité et de mesurer les transformations qu’elle a apportées dans le rapport qui unit l’homme à la nature.)

  • Critère de performance 1.1
    Explication sommaire des caractéristiques essentielles du mode de pensée scientifique, dont la quantification et la démonstration. (Constater comment l’homme moderne, sujet de la science et de la technique, considère désormais la nature comme un objet matériel inerte, une quantité de ressources à exploiter, calculer, transformer et stocker.)
    Contenu
    Montrer comment l’approche scientifique moderne implique une intervention active dans la nature plutôt qu’une attitude contemplative, qu’elle en vise la maîtrise et la domination. Privée d’âme, la nature est un objet géométriquement mesurable et exprimable au moyen de formules mathématiques.
  • Critère de performance 1.2
    Énumération ordonnée et description sommaire des caractéristiques essentielles des principales étapes de la démarche scientifique type. (Il s’agira ici de présenter les différences qui séparent la conception moderne et scientifique de l’homme et de la nature des conceptions antiques ou de celles qui furent inspirées par le christianisme.)
    Contenu
    Passage d’une conception holistique de la nature, dont l’homme n’est qu’une partie, à celle de la nature objet-pour-l’homme, lequel, comme sujet libre, en vise la maîtrise au moyen de la technique et de la science. On peut, à titre d’exemple, utiliser des extraits de textes des stoïciens et de Descartes. Nous verrons également l’évolution du statut accordé aux animaux dans l’échelle des êtres, du Moyen-âge à l’époque moderne : la thèse cartésienne des animaux-machines contre la représentation animiste d’inspiration chrétienne et judaïque.

Élément de compétence 2

Montrer la complémentarité de la science et de la technologie.

  • Critère de performance 2.1
    Définition des termes et description des principales interrelations entre science, technique et technologie; liens logiques et temporels et apports mutuels.
    Contenu
    La science et sa partie appliquée, la technologie, entretiennent des rapports de plus en plus étroits. Avec l’industrialisation, ce lien est devenu économiquement nécessaire. Certains, comme Jürgen Habermas, sont allés jusqu’à voir en eux la nouvelle idéologie du monde occidental démocratique et capitaliste. On peut alors lire des extraits de La science et la technique comme idéologie de J. Habermas.Analyse des rapports entre savoir (science) et pouvoir (technologie). L’accroissement de notre savoir implique une augmentation de notre pouvoir sur les hommes et sur la nature. Il est possible de se demander toutefois si nous sommes toujours les maîtres des techniques que nous avons élaborées ou si ce pouvoir tend désormais à nous échapper. On peut, à titre d’exemple, lire des extraits du livre de M. Foucault, L’Archéologie du savoir, et du livre d’Hans Jonas, Le Principe Responsabilité.

Éléments de compétence 3

Expliquer le contexte et les étapes de quelques découvertes scientifiques et techniques. (Comme il s’agit d’un cours de philosophie de l’environnement, nous allons insister sur les découvertes scientifiques qui ont un impact sur l’environnement de même que sur le contexte sociohistorique qui accompagne ces découvertes. Nous serons également attentifs au potentiel critique que recèle l’écologisme eu égard à notre culture scientifique et technologique.)

  • Critère de performance 3.1
    Mise en situation pertinente et cohérente des contextes déterminants de quelques découvertes scientifiques et technologiques. (Présentation de certaines découvertes récentes en science et en technologie et de leur impact sur l’environnement.)
    Contenu
    La pollution de l’environnement et ses conséquences : réchauffement climatique, disparition de la couche d’ozone, augmentation de certaines maladies, extinction de certaines espèces animales ou végétales, etc. Les récentes découvertes en génétique et leur application : les OGM, la viande clônée, la sélection génétique des enfants, le clônage des êtres humains, etc.
    Montrer les problèmes philosophiques que posent certaines découvertes et les conséquences potentiellement nuisibles qui en découlent. Convient-il de changer en partie ou complètement notre rapport à la nature, notre définition de la vie bonne et du progrès? Devons-nous nous considérer responsables de l’humanité future et de l’équilibre général de la biosphère? Les transformations génétiques opérées sur l’homme et sur la nature contribuent-elles à effacer la différence entre nature et culture?
  • Critère de performance 3.2
    Énumération ordonnée et description sommaire des caractéristiques essentielles des principales étapes de la démarche scientifique-type. (Dans le cadre de ce cours, nous voudrions insister sur le regard critique que l’écologisme pose sur la société occidentale et sa culture scientifique et technologique.)
    Contenu
    L’écologisme comme instance critique de la société occidentale et de ses valeurs humanistes perçues comme étant anthropocentriques, et par là, dominatrices et destructrices. Situer le débat contemporain entre les écologistes et leurs adversaires dans le cadre du conflit opposant les Lumières et le Romantisme, courant auquel semble appartenir le mouvement écologiste profond (deep ecology). L’écologisme, se comparant aux grands mouvements d’émancipation qui ont ponctué le devenir démocratique de l’Occident, prétend établir l’égalité de tous les vivants contre les privilèges accordés aux humains seuls. Enfin, cette remise en question de la société occidentale et de son culte de la consommation à outrance est à l’origine de mouvements comme celui de la simplicité volontaire, de l’éco-féminisme et du tiers-mondisme.

Élément de compétence 4

Déduire différentes conséquences et questions qui découlent de certains développements scientifiques et technologiques. (Il s’agit à n’en pas douter de l’élément de compétence central du cours qui s’intéresse principalement, d’un point de vue philosophique, aux conséquences des nouvelles technologies sur l’être humain et sur la nature en général. Dans cette optique, nous verrons les principales théories environnementalistes ou écologistes, les principes qu’elles mettent de l’avant et les solutions qu’elles préconisent pour faire face aux problèmes que pose le développement scientifique et technologique.)

  • Critère de performance 4.1
    Description sommaire des conséquences importantes (de différentes natures) et des défis majeurs actuels qui découlent de quelques découvertes scientifiques et technologiques.
    Contenu

    • La position utilitariste et la prise en considération égale de tous les êtres qui souffrent et ont des intérêts. Défense du droit des animaux chez le philosophe australien Peter Singer. On peut, à titre d’exemple, proposer la lecture d’extraits du livre Animal Liberation de Peter Singer.
    • L’écologie profonde qui défend non seulement les animaux, mais aussi les droits de la biosphère en général contre la domination et l’exploitation qu’elle subit par l’homme. Ce mouvement préconise la limitation de l’exploitation des ressources naturelles et la sauvegarde des milieux naturels originaux et des espèces animales ou végétales menacées. Elle en appelle à un nouveau contrat social qui ne serait plus seulement humain mais aussi « naturel ». Nous suggérons à titre de littérature possible des extraits du livre de Michel Serres, Le contrat naturel ; de celui d’Aldo Léopold, A Land Ethic ; et de l’article d’Arme Naess, « The shallow and the deep, long-range ecology movement. A summary », Inquiry, vol.16, 1973.
  • Critère de performance 4.2
    Formulation de questions pertinentes et caractère plausible des éléments de réponse aux questions formulées.
    Contenu

    • Jusqu’à quel point est-il envisageable d’attribuer un statut juridique analogue à celui des êtres humains à des animaux, des arbres ou des montagnes?
    • L’écologisme profond repose-t-il sur des thèses vitalistes et naturalistes qui seraient difficilement compatibles avec une éthique humaniste reposant sur la liberté et l’autonomie?
    • Peut-on encadrer le développement afin qu’il soit compatible avec le respect de l’environnement? (La thèse du développement durable.)
    • Faut-il attendre qu’une menace potentielle pour l’environnement soit définitivement prouvée pour prendre des mesures préventives? (Le principe de précaution.)
    • L’écologisme doit-il nécessairement conduire à l’abandon de nos valeurs humanistes? Pourrait-on, au contraire, penser un nouvel humanisme qui n’aurait pas comme base la supériorité de l’être humain sur l’ensemble des autres êtres vivants et non vivants?
    • Pour une critique de la pensée écologiste profonde et la présentation d’une position environnementaliste compatible avec l’humanisme et les valeurs libérales, nous suggérons la lecture d’extraits du livre de L . Ferry, Le Nouvel Ordre écologique.
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